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Archive for janvier 2008

Cloudy demandait l’autre jour comment un ratage de dernière minute était possible.

Voici un exemple.

J’ai repris l’autre soir la calligraphie « Je crois au soleil même quand il ne brille pas ». Après 1 heure 30 de travail (principalement à cause de l’aplat violet qui a exigé 5 couches de gouache qu’il faut à chaque fois laisser sécher à fond pour donner quelque chose d’uniforme), après avoir réussi un texte difficile parce que calligraphié sans portées pour me guider, ratage sur les 2mm de la fin! Pas sur la dernière lettre, mais sur la dernière section de la dernière lettre, sur le petit délié du bas du « s », qu’il faut exécuter avec le coin de la plume en tirant l’encre déjà déposée dans le plein de la partie médiane. Là, l’irréversible se produit : le papier était plus imbibé que je ne l’avais cru et en tirant ce qui ne devait être qu’un petit filet d’encre, c’est toute une grosse goutte que j’entraîne.


Lorsque le travail est calligraphié à la gouache, je peux compter sur mon ami l’x-acto pour me tirer d’affaire : j’attends que la peinture sèche et je gratte. Là j’avais utilisé le brou de noix. Ça imbibe d’avantage le papier et je ne savais pas si je parviendrais à sauver la calli.

Eh bien croyez-moi, l’x-acto est un ami fidèle qui ne nous laisse jamais tomber dans les moments difficiles. Il a bien su faire disparaître l’horrible goutte.

X-acto, mon ami, je t’aime!

Quand tu me sauves comme ça des heures de travail, je crois que je t’aime tant que je te ferais l’amour.

Enfin, presque.


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Ou Confession honteuse

À entendre les profs parler de leur job, on a parfois l’impression que ce sont tous des Jeanne d’Arc qui ne vivent que par la vocation. Soyons un peu réalistes, il n’y a pas que des passionnés dévoués jusqu’à la mort dans ce métier, mais on entend moins parler de ceux qui se situent à l’autre bout du spectre, les fonctionnaires de l’enseignement. Je ne dirais pas qu’ils sont légion non plus, ceux-là. Reste silencieuse, aussi, la majorité silencieuse (drôle de coïncidence), enfin, tous ceux qui ont l’impression d’être affecté par quelque tare congénitale parce qu’ils exercent un métier et non une vocation. Je fais partie de cette majorité silencieuse.

Après des débuts difficiles, il faut bien l’avouer, j’ai connu quelques bonnes années. Avec quelques instants de grâce, du genre de ceux où on s’exclame, à 16h20 : « Hé, groupe, on vient encore de prolonger le cours de 20 minutes sans s’en rendre compte » (chose que je n’ai pas dit depuis un certain temps, je vous l’assure, si on dépasse et qu’ils se taisent, c’est désormais par pure politesse) ou encore quand on se rend compte que 25% d’un groupe s’inscrit en philo à la fac (O.K., ça n’est arrivé qu’une fois et ces temps-ci, la courbe des vocations de philosophes est en chute libre dans mes groupes). Ce temps-là me semble définitivement révolu. J’estimais que c’était, au bout du compte, assez cher payé de ma personne, de ma santé et de ma famille comme investissement pour en arriver là : état de surexcitation permanent (bien sûr, il y a les chanceux qui ont un charisme naturel si fort qu’il parviennent à faire deux fois mieux en restant dans un état de perpétuelle zénitude, mais moi j’avais besoin d’excitants puissants), 2 cafetières d’expresso, peu de sommeil pour rester bien surexcitée tout le temps, mes cours à l’esprit jour et nuit mais juste pour rester dans « l’état d’esprit » parce que je me faisais un point d’honneur de ne jamais donner deux fois le même cours, de tout préparer mentalement au quart de tour pour tout envoyer promener une fois devant le groupe et me lancer dans une improvisation qui se voulait du « on pense en semble et vous voyez à quoi on parvient ». O.K., je pouvais pousser les élèves assez loin comme ça, dépasser amplement les objectif du programme enrichi du BI. Une élève est venu me dire que ses cours de troisième année de philo à l’université étaient si « simplistes », comparé à ce qu’on faisait ensemble – tel autre élève, devenu prof à son tour, me disait qu’il ressortait ses notes de cours sur Kant alors qu’il faisait sa maîtrise en sciences po et tout cela me mettait aux anges, bien sûr.

C’est sûr que je ne réussissais pas toujours aussi bien avec tous les groupes et tous les élèves, mais bon, ça allait. Ou plutôt non, ça n’allait pas. Parce que les jours où je n’entendais pas des « madaaaaaaame, on vous aiiiiime », j’étais plus tourmentée que les damnés de l’enfer. Alors quand j’en voyais un qui dormait, imaginez! Est-ce que ça allait mieux quand on me disait « madaaaaaame, on vous aiiiiiiime teelllllement »? Pas du tout, parce que je n’avais qu’une idée en tête : faire mieux. Et au ventre, j’avais toujours l’angoisse épouvantable de ne pas faire mieux.

Les hauts et les bas de la vie d’artiste, quoi! Et pendant ce temps-là, F1 dessinait des petits bonhommes tout noirs qui pleuraient et m’expliquait : « Il pleure parce que sa maman n’est pas là. » (J’imagine qu’il se faisait trop garder chez sa grand-maman) L’Encrier en avait marre, et j’étais perpétuellement stressée. Ça ne pouvait pas durer et j’ai finalement décroché. La naissance de F2 m’a drôlement aidée : quand une enfant ne dort pas du tout durant toute la première année sauf si vous l’avez dans vos bras (quelle blague cette idée du nourrisson qui dort 23 heures par jour, c’était zéro minute pour F2 si je ne l’avais pas dans les bras), quand une enfant ne fait toujours pas ses nuits à 3 ans et que cela fait justement 3 ans que vous n’avez pas dormi plus de 2 heures en ligne dans le meilleur des cas et plus de 4 heures par nuit les jours de chance, vous ne pouvez plus soutenir ce rythme, vous ne le voulez plus. Vous donnez un cours fatiguée et il est plate. Pas tellement de répondant de la part des élèves bien sûr, et comme vous carburez vraiment au répondant, ça n’en est que pire. Fut un temps où j’avais beaucoup de paires d’yeux enthousiastes devant moi, mais ce temps me semble bien révolu. C’est toujours les mêmes 4 ou 5 par groupe qui « participent » et cette participation se limite parfois à poser de simples questions de compréhension. Fini le temps où surgissaient spontanément les discussions passionnées. J’en ai bien quelques uns d’allumés, mais dans l’ensemble, je fais dormir. Et puis, je décroche graduellement parce que je suis tannée de constater à quel point je deviens soporifique, mais simplement parce qu’il y a trop d’autres choses que j’ai vraiment envie de faire.

Ceci dit, je travaille depuis dix ans pour l’une des plus anciennes institutions d’enseignement au Québec. Elle a un campus en Outaouais, dernier reliquat de sa section collégiale. Nous appellerons cette Vénérable Institution disons… P.S.Q. (ce qui peut vouloir dire n’importe quoi). Donc, l’an dernier, quand les trous vénérables administrateurs nous ont annoncé, alors qu’on se défonçait depuis des mois en vue de recruter le plus d’élèves possible et que la cohorte à venir s’annonçait des plus prometteuses, qu’ils avaient décidé depuis des mois de fermer le campus et que l’édifice était à vendre depuis un bon moment, j’ai été presque soulagée. Puisqu’il fallait mener à terme la cohorte qui n’avait pas terminé (nous étions les seuls à offrir le programme de Baccalauréat international dans la région), les vénérables administrateurs nous ont changé notre statut d’employés et nous sommes tous devenus profs à la leçon, ce qui leur permet, rusés petits stratèges, de bénéficier de notre travail quasiment bénévole et de ne pas avoir à nous payer d’indemnités lorsqu’ils mettront définitivement la clé dans la porte, à savoir en mai cette année.

Je n’envoie pas de CV, je veux passer à autre chose. Mon projet : faire de la papeterie de mariage. Bien sûr, ce ne pourra être qu’un revenu d’appoint, mais depuis le temps que l’Encrier rêve que je quitte l’enseignement, depuis le temps que mes enfants ont besoin de moi, depuis le temps que j’en ai marre d’être rongée de l’intérieur… 😉

À suivre…

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Projet. Adaptation de cursive gothique et adaptation de lombardes (qu’on appelle également lettres tourneures). Gouache, aquarelle et brou de noix.

C’est mon brouillon. Ça aurait pu être le final, mais il y a des problèmes, alors je vais essayer de le reprendre cette semaine.

La couleur semble plutôt bleue sur la photo. En fait, c’est violet.

Les lombardes n’étaient pas géniales. Je les ai déjà améliorées sur un calque pour la 2e version.

La première ligne de texte en cursive gagnerait à être décalée vers le haut de 0.5 cm.

Les deux dernières lignes devraient valser davantage ― là, à la limite, on pourrait se dire qu’elles sont simplement croches. Sur mon brouillon, elles valsaient plus et c’était mieux. Comme je les ai écrites sans portées (c’est long faire des portées qui valsent), je courais un risque en les écrivant.

Si vous avez du mal à lire la cursive (la lisibilité n’est pas mon premier objectif), c’est une citation d’auteur anonyme : « Je crois au soleil même quand il ne brille pas ».

Le petit look presque « ado psychédélique » n’était pas prévu mais je vais faire avec. J’avais comme projet initial de poser de la feuille d’or sur le « o » en lombarde mais je vois que ça ferait vraiment trop psychédélique ― mal de tête garanti au premier coup d’œil. Je me contente de laisser la contre-forme blanche.

J’en ai bavé avec le lavis de gouache sur papier pressé à chaud. Le temps de séchage est trop rapide, difficile de produire quelque chose d’uniforme sans faire avoir à poser quelques millions de couches. Je dois me rappeler de ne plus utiliser ce papier, sauf pour le copperplate.

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Le final

Palette : Imitation de jaune auréolin, jaune permanent orangé, jaune de mars, sienne naturelle, sienne brûlée, bleu cobalt, rose doré, rouge quinacridone, garance brune, violet de winsor

Techniques : humide sur sec et humide sur mouillé.

Je vais tenter une deuxième version en teintes froides, mais pas tout de suite. Je me donne le temps de prendre du recul.

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… je publie avant qu’un ratage magistral de dernière minute ne se produise 😉

Je me suis fait un calque et je vais en essayer différentes versions. J’espère bien terminer celle-là demain soir, à tête reposée (i.e. lorsque les enfants sont couchés)

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Iris

Les couleurs ne sont pas tout à fait exactes sur la photo : certaines jaunes paraissent blancs (ex. l’apparent trou blanc sur le fruit en bas, à droite, de même que sur celui dans l’assiette) et les orange pâles semblent jaunes foncés.

Je vais le reprendre, demain (plus réalistement : la semaine prochaine), sur du papier de qualité (Arches). Là, j’ai utilisé du Fabriano Studio et comme il y a eu des tâtonnements, plusieurs lavis et des effacements, deux choses que le papier bas de gamme tolère mal, ça a donné un aspect « boueux » par endroits.

Je voudrais aussi donner un aspect un peu plus géométrique à l’arrière fond – à suivre.

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