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Archive for juillet 2009

L’Amour

acrylique, 14 x11

SOCRATE

Souviens-toi maintenant, reprit Socrate, de quoi, selon toi, l’Amour est amour. Si tu veux, je t’en ferai souvenir. Tu as dit, ce me semble, que la concorde a été rétablie entre les dieux par l’amour du beau, car il n’y a pas d’amour du laid. N’est-ce pas là ce que tu as dit ?

AGATHON

Je l’ai dit en effet.

SOCRATE

Et avec raison, mon cher ami. Et, s’il en est ainsi, l’Amour est donc l’amour de la beauté, et non de la laideur ?

AGATHON

Il en convint.

SOCRATE

Or ne sommes-nous pas convenus que l’on aime les choses dont on manque et que l’on ne possède pas ?

AGATHON

[201b]
Oui.

SOCRATE

Donc l’Amour manque de beauté et ne la possède pas.

AGATHON

Nécessairement.

SOCRATE

Quoi donc ! appelles-tu beau ce qui manque de beauté, ce qui ne possède la beauté d’aucune manière ?

AGATHON

Non, certainement.

SOCRATE

S’il en est ainsi, reprit Socrate, assures-tu encore que l’Amour est beau ?

AGATHON

J’ai grand’peur, répondit Agathon, de n’avoir pas bien compris ce que je disais.

SOCRATE

Tu parles sagement, Agathon ; [201c] mais continue un peu à me répondre : Te paraît-il que les bonnes choses soient belles ?

AGATHON

Il me le paraît.

SOCRATE

Si donc l’Amour manque de beauté, et que le beau soit inséparable du bon, l’Amour manque aussi de bonté.

(…)

DIOTIME

[203b]
A la naissance de Vénus, il y eut chez les dieux un grand festin où se trouvait entre autres Poros // <![CDATA[// * , fils de Métis // <![CDATA[// * . Après le repas, Pénia // <![CDATA[// * s’en vint mendier quelques restes et se tint auprès de la porte. En ce moment, Poros, enivré de nectar (car on ne faisait pas encore usage du vin), sortit de la salle et entra dans le jardin de Jupiter, où le sommeil ne tarda pas à fermer ses yeux appesantis. Alors, Pénia, poussée par son état de pénurie, imagina d’avoir un enfant de Poros. [203c] Elle alla donc se coucher auprès de lui, et devint mère de l’Amour. C’est pourquoi l’Amour devint le compagnon et le serviteur de Vénus, ayant été conçu le jour même où elle naquit ; outre que de sa nature il aime la beauté, et que Vénus est belle.

Et maintenant comme fils de Poros et de Pénia, voici quel fut son partage : d’abord il est toujours pauvre, et, loin d’être beau et délicat, comme on le pense généralement, il est maigre, malpropre, sans chaussures, [203d] sans domicile, sans autre lit que la terre, sans couverture, couchant à la belle étoile auprès des portes et dans les rues ; enfin, comme sa mère, toujours dans le besoin. Mais, d’autre part, selon le naturel de son père, il est toujours à la piste de ce qui est beau et bon ; il est mâle, hardi, persévérant, chasseur habile, toujours machinant quelque artifice, désireux de savoir et apprenant avec facilité, philosophant sans cesse, enchanteur, magicien, sophiste. De sa nature il n’est ni mortel [203e] ni immortel ; mais, dans le même jour, il est florissant et plein de vie, tant qu’il est dans l’abondance, puis il s’éteint, pour revivre encore par l’effet de la nature paternelle. Tout ce qu’il acquiert lui échappe sans cesse, en sorte qu’il n’est jamais ni riche ni pauvre.

Il tient aussi le milieu entre la sagesse et l’ignorance : car aucun dieu ne philosophe ni [204a] ne désire devenir sage, puisque la sagesse est le propre de la nature divine ; et, en général, quiconque est sage ne philosophe pas. Il en est de même des ignorants, aucun d’eux ne philosophe ni ne désire devenir sage ; car l’ignorance a précisément le fâcheux effet de persuader à ceux qui ne sont ni beaux, ni bons, ni sages, qu’ils possèdent ces qualités : or nul ne désire les choses dont il ne se croit point dépourvu.

Platon, le Banquet, traduction de Dacier & Grou

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Petite musique de chambre

Huile, 16 x 20

Je me demande si le cadrage n’est pas raté :-S

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Je manque de temps

…  pour visiter les blogs, mais je ne chôme pas 😉

Sans nom (techiques mixtes, 20 x 16)  (j’ai été en panne tout au mois sur celui-ci – le fond, et donc l’ambiance, est très différent de mon projet de départ, mais je ne parvenais pas à bien faire ce que je projetais de faire alors)

Sans nom, acrylique (10 x 10)

La petite ballerine – huile, 14 x 11 – mon premier portrait au couteau. C’est une amie qui m’a dit d’essayer un portrait au couteau. J’étais plus que sceptique quant à  mes chances de mener l’entreprise à terme mais le portrait s’est fait tout seul. J’ai adoré le couteau. J’adopte, et ça règle mn problème de solvants (plus besoin).

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Le repos

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Peindre les gros

On ne les peint presque jamais.

La laideur fascine et comme plusieurs, j’aime peindre les visages laids, mais la grosseur, c’est bien plus tabou il me semble.

Pourquoi?  Parce qu’avec les surpoids, il y a dissolution des formes? C’est ce qui m’arrête, mais je me dis qu’ici, on pourrait plutôt faire un travail de coloriste. (Je me relis et je trouve cette dernière phrase stupide – on pourrait très bien mettre en évience les formes propres des gros – il n’y a pas dissolution des formes, il y a *d’autres* formes :  des volumes et des courbes plus que des lignes et des angles)

Mais j’hésite et je me considère pour cela tellement embourbée dans le préjugé et la convention.

Peindre des gros sans les utiliser comme symbole pour dénoncer quelque chose du genre société de consommation – simplement peindre les hommes et les femmes sans les trier sur le volet selon mes tabous et mes carcans de conventions.

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enfant

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